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LE MONDE SE DIVISE-T-IL EN DEUX CATÉGORIES DANS LA RELIGION MUSULMANE ? Spécial

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Notre frère Aïssam Aït Yahya nous a gratifiés d’un article, publié sur le site de Nawa Edition, autour du concept juridique de « Domaine de l’Islam et Domaine de la mécréance (Dâr al-Islâm/Dâr al-harb) ». Il y défend l’idée qui consiste à dire que ce concept est indépassable, car il permet d’opérer une séparation nette entre le lieu où l’islam est appliqué et les autres lieux gouvernés par les mécréants. Ainsi, selon lui, ce partage des territoires est le seul pertinent, car il permet à l’islam de disposer d’une zone géographique où il fait régner sa loi. De même, il considère que cette différenciation territoriale relève de la vision islamique du découpage mondial (sic).

Fondant ses convictions politiques sur ce postulat, il s’en prend âprement à tous les néo-réformateurs, sans citer lesquels, qu’il considère comme de dociles disciples des orientalistes dont l’objectif final est de détruire l’islam. Cette destruction passe notamment par l’abolition des frontières physiques entre les différentes civilisations et plus particulièrement entre celle de la civilisation de l’islam et le reste du monde. D’après son point de vue, les réformistes musulmans qui remettent en cause cette division sont de manière inconsciente des traitres à la cause qu’ils prétendent défendre. En définitive, Aïssam Aït Yahya, considère que cette fraction du monde en deux catégories, à l’instar du film Le bon la brute et le truand, est l’un des fondements qui doivent construire la conception du musulman sur le plan politique. Abandonner ce principe reviendrait à un abandonner une base de la foi musulmane orthodoxe.

Je ne vais pas reprendre toute sa rhétorique pour réfuter ses contradicteurs, vous pouvez consulter son article dans le lien ci-dessous. Je laisse également de côté sa psychologisation des esprits, car cela n’apporte absolument rien à ce débat. Je vais donc me contenter de répondre de manière concise à sa position juridique sur ce sujet.

Premièrement, il n’y a aucun passage coranique qui permet de défendre une telle idée. Or, la foi du musulman est fondée essentiellement sur la parole de Dieu. De même, aucun propos prophétique n’utilise ces expressions. D’ailleurs, ce texte qui prétend défendre l’identité islamique est avare en termes de références coraniques et de traditions prophétiques. L’inquiétude voire la crainte que l’auteur affiche pour la dénaturation de l’islam est par conséquent totalement injustifiée. En effet, l’islam en tant que religion repose fondamentalement sur ces deux sources. Ainsi, comme disait Talleyrand, tout ce qui est excessif est insignifiant. Il convient par conséquent de réserver son énergie à préserver les préceptes du Coran que de la gaspiller à défendre des concepts frappés d’obsolescence.

Deuxièmement, cette dichotomie, comme il l’appelle, est une expression que les docteurs de la loi islamique ont forgée dans un contexte bien particulier. Elle est apparue effectivement au moment où le monde se divisait en deux zones géographiques, l’une était essentiellement habitée par des musulmans et l’autre par des non-musulmans. Cette configuration avait pour objectif de déterminer les droits et devoirs du croyant en fonction du territoire dans lequel il se trouve. De plus, cette expression a évolué dans le temps au sein d’une même école. Al-Kassânî, le célèbre juriste hanafite, relève dans son non moins célèbre ouvrage de droit Badâ’i’ as-sanâ’i’ (T. VII, p. 131), plusieurs définitions à ce concept géostratégique.

Ibn Taymiyya va jusqu’à inventer un nouveau concept dans sa fameuse Fatwâ pour les habitants de la ville turque de Mardine, peuplée essentiellement de musulmans, mais gouvernée par des soldats mongols. Le juriste hanbalite parle alors de demeure complexe (murakkaba). D’ailleurs, Abdullâh Ben Bayyah a rectifié l’erreur typographique de cette Fatwa (T. III, p. 533) où Ibn Taymiyya affirme que cette demeure où coexistaient des musulmans et des non-musulmans devait avoir un troisième statut. Ibn Muflih, le disciple d’Ibn Taymiyya, authentifie cette rectification dans son ouvrage Al-Âdâb Ash-shar’iyya (t. I, p. 190). Bref, ces évolutions juridiques et ces considérations politiques n’altèrent en rien l’identité du musulman. Il s’agit simplement d’effort interprétatif du réel dans lequel vivaient ces musulmans et nos jurisconsultes, dans leur diversité, ont tenté d’apporter les meilleures solutions aux problématiques auxquelles ils étaient confrontés.

Troisièmement, je conclus par la même occasion, désormais il ne reste plus que le Hizb Tahrîr et le salafisme qui défendent encore ces notions surannées. Le monde a beaucoup changé depuis que ces formulations furent élaborées. Il est temps pour les musulmans de produire de nouveaux concepts juridiques et surtout éthiques pour relever les défis de notre temps. La page du califat historique est révolue. Je tiens à préciser par la même occasion que le bricolage légaliste produit par les néo-réformateurs et philosophes, ainsi qualifiés par notre auteur, reste aléatoire et bancal. Notre religion détient en son sein des trésors inestimables que nous devons polir et offrir à l’humanité, tel est notre mission. Il me semble qu’il est urgent de cesser de se battre contre des moulins à vent à l’instar d’un Don Quichotte et se concentrer sur ce qui est primordial : l’éducation morale, politique et scientifique de nos coreligionnaires qui constitue le barrage essentiel à la pensée mondialiste.

 

 

  

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