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LA QUESTION DE LA MUSIQUE DANS LE CORAN Spécial

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Dans le précédent article, nous avons abordé les principes juridiques liées à la musique. Dans celui-ci, nous parlerons des versets évoqués par les juristes pour statuer sur l’interdiction de la musique. Ces juristes se réfèrent principalement aux cinq versets suivants : 

 

Le premier verset

Dieu s’adresse à Satan en ces termes : « Excite de ta voix parmi eux tout ce que tu pourras, lance sur eux tes chevaux et tes fantassins, fais-toi associé de bien et de progéniture, fais-leur des promesses. En réalité, Satan ne promet que des illusions » (Le Voyage nocturne, 64).

Certains juristes citent l’avis de Mudjâhid qui explique que la voix de Satan dont il est question dans ce verset est la flûte [1].

 Commentaire : D’abord, les traditions citées à ce propos par At-Tabarî sont faibles. Elles ne peuvent par conséquent être utilisées commeComme nous l’avons dit précédemment, l’avis d’un savant, aussi prestigieux soit-il, n’est pas une source de droit.

Le texte coranique mentionne la voix de Satan, cette généralité doit être préservée, à moins d’être limitée par un autre verset ou une tradition prophétique. Que ce soit Mudjâhid, ou un autre savant, nul n'a l'autorité de la spécification du sens des versets.

De plus, Mudjâhid a expliqué dans d’autres versions qu’il s’agit du jeu et du divertissement. D’ailleurs, At-Tabarî a opté pour la généralité de ce que peut exprimer la voix de Satan. Cela peut être de la musique ou bien autre chose. Tout ce qui mène à la voie de Satan rentre dans ce cadre.

 Conclusion : Ce verset n’interdit pas formellement la musique. Cependant, il met en garde contre tout ce que peut utiliser Satan pour dévier les gens du droit chemin et la musique peut en faire partie quand elle invite à la désobéissance de Dieu.

Par ailleurs, dans ce même verset Dieu met en garde contre les chevaux et les fantassins utilisés par le démon. Pas un seul juriste n’a tiré de ce verset que les chevaux et les fantassins sont l’œuvre du diable.  Il faut donc rester logique et cohérent dans la lecture de ce verset. 

 

Le deuxième verset

« Il y a parmi les gens qui achètent par leur discours frivole, de sorte à fourvoyer autrui du chemin de Dieu, sans connaissance aucune, et à tourner ce chemin en dérision, ceux-là subiront un châtiment d’ignominie » (Luqmân, 6).

Certains juristes citent l’avis d’Ibn Mas’ûd qui explique que la discours frivole (lahwa l-hadîth) n’est autre que le chant [2]. 

 Commentaire : la remarque faite à la précédente explication est tout aussi valable ici. Le compagnon n’a pas la prérogative de spécifier ce qui est général dans le Coran. Or, la causerie frivole ne se réduit pas au chant, il englobe le chant et tout ce qui détourne du chemin de

Il faut savoir qu’au cours de la période mecquoise les polythéistes se payaient des chanteuses pour détourner les gens du Prophète, paix sur lui. Ibn Mas’ûd a sans doute assisté ce genre de scènes, ce qui explique probablement son opinion à ce propos. 

De plus, ce qui relève de la frivolité ou du divertissement (lahw) n’est pas forcément interdit. Dans un hadith rapporté par Al-Bukhârî d’après ‘Âisha, le Prophète, paix sur lui, a demandé à son épouse s’il y avait quelque divertissement dans le mariage auquel elle avait assisté, il était étonné de cette absence [3]. Ce hadith montre clairement que le divertissement en tant que tel n’est pas interdit. 

 Conclusion : le divertissement que la loi islamique interdit se réfère à celui qui est spécifié dans le Coran. Les divertissements qui sont illicites sont ceux qui empêchent de faire ses devoirs, comme la Prière, ou qui amènent à commettre des actes illicites, comme la fornication.

De plus, comme le note Ibn Hazm, même le Coran, qui est une parole sacrée, quand il est utilisé pour détourner les gens de la voie de Dieu rentre dans le cadre de ce verset. Ainsi, quiconque commet un tel acte appartient au cercle des mécréants selon le consensus des savants [4]. Ce verset n’interdit donc pas la musique de manière spécifique.

 

Le troisième verset

« Leurs prières devant la Maison ne consistent qu’en sifflement et battements de mains » (Le Butin, 35).

Certains juristes s’appuient sur ce verset pour dire que le sifflement et les battements de mains sont interdits. Donc, à fortiori, la musique ainsi que le chant le sont aussi [5]. 

 Commentaire : L’avis des juristes est loin d’être pertinent à cet égard, car il faut inscrire ce verset dans son contexte. Les Arabes de l’époque antéislamique sifflaient et battaient des mains quand ils étaient près de la Maison sacrée, ils accomplissaient cela comme un acte rituel durant cette visite, c’est ce que note At-Tabarî dansTafsîr [6].  

Ce verset n’interdit pas le sifflement en tant que tel ni les battements de mains. En effet, le Prophète, paix sur lui, a autorisé les femmes à signaler à l’imam son erreur en battant des mains, le hadith est rapporté par Al-Bukhârî d’après Abû Hurayra [7]. 

 Conclusion : Ce verset n’indique en rien que la musique est interdite de manière spécifique.

 

Le quatrième verset

« Ceux qui ne portent pas de faux témoignage et quand ils passent devant les bavardages passent avec un air honorable » (Le Décernement, 72). 

Certains juristes s’appuient sur l’interprétation de Mudjâhid du faux témoignage pour dire que le chant est illicite. En effet, c’est ainsi que Mudjâhid aurait commenté ce verset. Nous employons le conditionnel, car les chaînes de transmission qui remontent à Mudjâhid sont loin d’être fiables [8]. 

 Commentaire : nous avons d’autres commentaires de ce verset, notamment celui d’Ibn ‘Abbâs, qui interprètent le faux témoignage en se référant aux fêtes païennes des polythéC’est donc une interprétation forcée que de réduire le faux témoignage à la musique.  

 Conclusion : le faux témoignage est une expression générale. Or seuls le Coran et la Sunna ont la prérogative de restreindre les versets de portée générale. Quand le Coran évoque le faux témoignage, il vise tous les discours mensongers ayant pour but de s'octroyer une faveur. Au final, ce verset ne traite pas spécifiquement de la question de la musique.

 

Le cinquième verset

« Alors que vous êtes en pleine distraction (wa antum sâmidûn) » (53/61).

Certains juristes s’appuient sur le terme ‘’samada’’, qui signifie dans le dialecte yéménite le chant selon une version qui remonte à Ibn ‘Abbâs, pour rendre la musique illicite [9].  

 Commentaire : en prenant en compte le contexte global dans lequel s’inscrit ce verset, on s’aperçoit que ce passage adresse des blâmes aux polythéistes qui causaient des ennuis au Prophète, paix sur lui, et l’empêchaient d’accomplir sa mission. Ils se détournaient de la parole de Dieu pour se livrer à toute sorte de distraction

 

Conclusion générale

Tous les versets cités par les juristes qui prôneraient l’interdiction de la musique sont loin d‘être formels sur cette question. Bien au contraire, aucun n’aborde le sujet de la musique directement. Dans chacune des interprétations que nous avons relevées, il y a des extrapolations et des spécifications injustifiées. 

Bref, nul juriste ne peut d’aucune manière fonder son avis sur un verset coranique pour interdire la musique sous toutes ses formes. Comme nous l’avons relevé dans le premier article à ce sujet, ce que Dieu n’a pas interdit, nul n’est en mesure de le faire. 

Dans le prochain article in shâ’a Allâh, nous aborderons les textes relatifs à la tradition du Prophète, paix sur lui, se rapportant à la musique pour détailler davantage ce sujet.


[1] At-Tabarî, At-Tafsîr, t. 17, p. 490.

[2] At-Tabarî, At-Tafsîr, t. 20, p. 126.

[3]Al-Bukhârî, n° 5162.

[4] Ibn Hazm, al-Muhallâ, t. 7, p. 567.

[5] Ibn Radjab, At-Tafsîr, t. 1 p. 487.

[6] At-Tabarî, At-Tafsîr, t. 11, p. 155.

[7] Al-Bukhârî, n° 1203.

[8] At-Tabarî, At-Tafsîr, t. 17, p. 522.

[9] At-Tabarî, At-Tafsîr, t. 22, p. 101.

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