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LES SEPT VARIANTES DE LECTURE DU CORAN (AL-AHRUF AS-SAB‘A) Spécial

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Les traditions prophétiques qui évoquent clairement les sept variantes de lecture sont notoires. Elles ont été rapportées de diverses manières par différents compagnons. Al-Bukhârî dans son Sahîh rapporte que ‘Umar a entendu Hishâm b. Hakîm lire sourate Le Décernement (Al-Furqân [24]) d’une manière quelque peu distincte de celle qu’il a apprise auprès du Prophète, PSL. Étonné par cette différence, ‘Umar pressa Hishâm se rendre auprès du Prophète, PSL, pour vérifier sa lecture. Après les avoir auditionnés tous les deux, le Prophète, PSL, a validé les deux lectures en leur disant que Gabriel lui a enseigné le Coran de sept manières différentes[].     

Il y a même un consensus sur ce sujet chez les compagnons comme l’atteste un discours public de ‘Uthmân lors de son califat dans lequel il a évoqué ces variantes admises par le Prophète, PSL. Tous les compagnons présents ont témoigné l’avoir entendu autoriser ces sept variantes[2].  Ce récit nous ne renseigne pas sur le nombre exact de ces compagnons, mais confirme que cette particularité du Coran faisait consensus auprès de cette communauté.

En recensant les compagnons qui ont rapporté des traditions faisaient état des sept variantes de lecture As-Suyûtî en a énuméré plus d’une vingtaine. Parmi lesquels nous pouvons citer : ‘Umar, ‘Uthmân, Ibn ‘Abbâs, Ibn Mas‘ûd, Ubayy, Anas, Hudhayfa et tant d’autres. Ce qui fait de cette particularité un élément incontestable du Coran[3].     

C’est la signification exacte des sept variantes de lecture qui a provoqué de nombreux désaccords chez les commentateurs de cette tradition. Il faut d’abord relever que l’expression arabe (les sept variantes) est polysémique. Elle peut aussi bien désigner le type de lecture d’un imam que les différents sens sémantiques d’un terme coranique. En revanche, cela ne peut aucunement désigner les sept lecteurs célèbres du Coran répertoriés comme des références en termes de mémorisation et de transmission.

Nous excluons cette option pour des raisons qui relèvent de l’évidence. En effet, les sept lecteurs sont apparus postérieurement à l’époque prophétique, ils n’ont donc rien à voir avec les différentes variantes. L’ambigüité de la concordance entre les sept variantes de lecture et les sept grands lecteurs a conduit quelques ulémas à confondre les deux catégories[4]

Étant donné que la signification de l‘expression ‘‘sept variantes’’ n’a pas été déterminée de manière formelle par le Prophète, PSL, ni par les compagnons, les exégètes ont longuement divergé sur le sens à lui attribuer. As-Suyûtî affirme qu’il existe une quarantaine d’opinions différentes sur ce sujet[5]. Les savants ont essayé chacun à sa manière de circonscrire cette définition à une thématique donnée qui sied à son inspiration.

Pour commencer, les ulémas se sont posé la question de savoir si le terme sept se réfère au chiffre ou bien cela désigne autre chose. Une partie d’entre eux est d’avis que le terme sept ne fait pas référence au chiffre, mais à une grande quantité. Dans la culture arabe, ce chiffre n’indique pas forcément le numéral cardinal. En fonction du contexte, il peut désigner aussi la multiplicité dans les unités comme le nombre soixante-dix désigne la multiplicité dans les dizaines et le nombre sept cent désigne la multiplicité dans les centaines. Les partisans de cet avis considèrent que les sept variantes de lecture sont en réalité une manière de faciliter la lecture du Coran et sa mémorisation. Par conséquent, il n’est pas approprié de vouloir absolument déterminer une grille de sept variantes de lecture différentes.

Cette position reste, néanmoins, très fragile, car elle ne tient pas compte des traditions prophétiques qui insistent sur le nombre sept. Le Prophète, PSL, attirait l’attention des croyants sur ce nombre à diverses occasions. Il a même demandé à Gabriel d’augmenter les variantes de lecture jusqu’à ce qu’elles aient atteint le nombre sept[6]. Ce nombre ne désigne donc pas la multiplicité des variantes de lecture de manière indéfinie. D’ailleurs, la majeure partie des savants est de cet avis, comme le soutient le traditionniste Ibn Hibbân[7]. Il faut alors chercher ce que ce nombre peut bien désigner.

Il va sans dire que les positions sont plurielles relatives à la délimitation de ces sept catégorisations. Nous avons déjà réfuté l’amalgame fait entre les sept variantes de lecture et les sept grands lecteurs. Un autre avis tout aussi faible soutient que les sept variantes font référence à sept dialectes différents parmi les tribus arabes. Ils ont, de même, divergé sur la désignation de ces tribus.

Une partie pense qu’il s’agit des tribus de : Quraysh, Hudhayl, Tamîm,  Azd, Rabî‘a, Hawâzin et Sa‘d b. Bakr. Alors qu’une autre partie est d’avis qu’il s’agit plutôt de Hudhayl, Kinâna, Qays, Dhabba, Taym Ar-Rabâb, Assad et Quraysh[8]. Toutefois, en analysant l’étymologie du vocabulaire coranique, Al-Wâsitî a pu recenser plus d’une quarantaine de dialectes différents[9].

Ibn ‘’Abd Al-Barr a réfuté cet avis en affirmant que si cela faisait référence aux différents dialectes, les compagnons ne se seraient pas disputés à ce sujet, chacun aurait naturellement opté pour le dialecte de la tribu qui lui convient le mieux. De plus, ‘Umar et Hishâm qui ont divergé sur la lecture de sourate Le Décernement sont tous deux de Quraysh. Le nombre sept désigne par conséquent autre chose.

D’autres savants, influencés par la mystique et la littérature ésotérique, ont tenté d’appréhender ce nombre d’une manière tout autre. Ils se sont alors intéressés à une interprétation thématique et symbolique. Ainsi, ce nombre désigne sept sciences différentes abordées par le coran. Certains parmi eux citent par exemple : . La science de la création, 2. La science du monothéisme pur, 3. La science des attributs de l’Essence de Dieu, 4. La science des actes de Dieu, 5. La science des attributs de pardon et de châtiment, 6. La science de la résurrection, 7. La science prophétique.

Les théoriciens du droit sont plutôt d’avis que le Coran se décline selon sept modalités différentes : . L’absolu et le relatif, 2. Le général et le particulier, 3. Le sens propre et le sens figuré, 4. L’abrogé et l’abrogeant, 5. L’abrégé et le développé, 6. L’exceptionnel 7. Les serments.

Bien entendu, cette segmentation est strictement arbitraire, car on pourrait allonger la liste de ces catégorisations indéfiniment. Au vu de la restriction de ces variantes de lecture au nombre sept, cette hypothèse est à écarter sans la moindre discussion. La tradition prophétique à laquelle se réfèrent certains pour déterminer une autre catégorisation est faible comme le relève Ibn ’Abd Al-Barr.

Dans ce hadith, le Prophète, PSL, aurait dit que le Coran est descendu de sept portes qui reflètent ses sept variantes : la réprobation, l’obligation, l’autorisation, l’interdiction, l’univoque, l’équivoque, et les paraboles[0].       

Toutefois, la pire de toutes ces catégorisations reste celle de dire qu’un même terme coranique peut être remplacé par sept autres synonymes sans altérer le contenu du Coran. At-Tabarî rapporte dans son Tafsîr un propos prophétique dans lequel il y est dit que tant que le sens du verset n’est pas modifié, il est permis de changer un mot pour un autre[].

Les orientalistes se sont saisis de cette faille pour dire que le Coran était lu selon la guise de chacun[2]. Ibn Mas‘ûd avait anticipé cette critique et avait fermement condamné la lecture du Coran par le sens sans prêter attention aux mots tels qu’ils furent descendus[3]

En réalité, les traditions qui autorisent la lecture par le sens ont été mal assimilées par les défenseurs de cette théorie. Le Prophète, PSL, a souhaité simplifier la lecture pour ceux qui avaient des difficultés à lire certains versets. La simplification dont il est question ne rentre pas dans le cadre de la révélation du Coran, elle concerne seulement son interprétation.

Comme nous l’avons auparavant signalé, le Coran est fondamentalement inimitable par les termes dont il fait usage.  C’était donc une autorisation spécifique pour des raisons qui le sont tout autant. Il est, par conséquent, strictement interdit de lire le Coran autrement que par les mots qui furent révélés au Prophète, PSL, et transmis de façon notoire jusqu’à notre époque. De surcroît, rares sont les termes coraniques qui possèdent sept synonymes différents.

La question reste toujours posée pour connaître la signification de ces sept variantes de lecture. Une étude globale du texte coranique réalisée par Ibn Al-Djazarî à ce propos démontre que les sept variantes de lecture fait référence aux sept tournures par lesquels certains versets peuvent être lus[]. Voici quelques exemples qui illustrent son analyse :

Ø  La première tournure consiste à modifier la fonction grammaticale d’un mot. Ici le cas sujet devient dans une variante le complément d’agent : « Adam recueillit de son seigneur certains paroles » ou : « Certaines paroles de son Seigneur furent recueillies par Adam »[2].

Ø  La seconde tournure consiste à modifier seulement la graphie du mot sans toucher au sens. Le terme ‘‘as-sirât’’[3] qui signifie la voie peut aussi s’écrire avec la lettre ‘‘sîn س’’.  

Ø  La troisième tournure consiste à modifier le genre et le nombre dans le verset. Ce cas est illustré par : « Qui respectent les dépôts qu’on leur a confiés et leurs engagements »[4], le terme (dépôts لِأَماناتِهِمْ) se lit aussi au singulier. 

Ø  La quatrième tournure consiste à modifier un terme par autre dont le sens les sonorités sont sensiblement différents, comme le terme (talh طلح) qui se lit aussi (tal‘ طلع)[5] .

Ø  La cinquième tournure consiste à modifier la place du mot dans le verset soit en l’avançant soit en le retardant. Au sujet des combattants dans voie de Dieu, dans une lecture nous lisons : « Ils tuent et se font tuer », dans une autre variante nous lisons : « Ils se font tuer et tuent »[6]

Ø  La sixième tournure consiste à modifier les connecteurs logiques comme les conjonctions de coordination soit en les ajoutant soit en les retirant. Le verset 00 de sourate Le Repentir illustre ce cas de figure avec la particule ‘‘min’’ qui peut être ajoutée soit retirée selon les lectures.

Ø  La septième tournure consiste à modifier la prononciation d’un terme ou d’une lettre en fonction des dialectes des tribus arabes. Cela se produit soit par l’emphase, soit par l’inclinaison phonétique soit par l’aspiration d’une lettre ou soit par l’incise. Par exemple, le nom Mûssâ peut se lire aussi : « Mûssé »[7].

Cette ultime explication nous paraît la plus convaincante parmi toutes celles que nous avons évoquées. Les sept variantes de lecture sont donc une simplification phonétique ou sémantique pour que le musulman puisse lire le Coran selon la tournure qui lui convient sans changer la structure et le fond du texte coranique. La finalité première de la révélation lors de sa descente était d’être comprise par les nombreuses tribus qui peuplaient l’Arabie dont les dialectes étaient sensiblement différents. Ces variations enrichissent davantage la compréhension du croyant au sujet de la Parole divine.

Les ouvrages qui traitent la question des variations se divisent en trois catégories. D’abord, il y a les commentaires exhaustifs du Coran. Ensuite, il y a les ouvrages traitant des sciences du Coran. Enfin, il y a les ouvrages qui traitent spécifiquement ce sujet. Pour cette dernière catégorie nous pouvons citer deux ouvrages de référence : 

- Al-Ahruf as-sab‘a de Abû ‘Amrû Ad-Dânî.

- An-Nashr fî al-qirâ’ât al-‘ashr de Ibn Al-Djazarî.

 


[] Al-Bukhârî, As-Sahîh, t. VI, p. 84.

[2] Ibn Abî Usâma, al-Musnad, t. II, p. 734.

[3] As-Suyûtî, al-Itqân, t. I, p. 78.

[4] Cette position est attribuée à al-Khalîl b. Ahmad, Cf. Az-Zarkashî, al-Burhân, t. I, p. 24. 

[5] As-Suyûtî, al-Itqân, t. I, p. 78.

[6] Al-Bukhârî, As-Sahîh, t. IV, p. 3.

[7] Az-Zarkashî, al-Burhân, t. I, p. 22. 

[8] Az-Zarkashî, al-Burhân, t. I, p. 29. 

[9] As-Suyûtî, al-Itqân, t. I, p. 230.

[0] Az-Zarkashî, al-Burhân, t. I, p. 26-25. 

[] At-Tabarî, At-Tafsîr, t. I, p. 26.

[2] Blachère, Introduction au Coran, p. 69.

[3] Al-Qâsimî, Mahâsin at-ta’wîl, t. I, p. 82.

 


[] As-SuyûtîAl-Itqân, t. I, p. 66.

[2] Coran : La Vache, 37.

[3] Coran, L’Ouverture, 6.

[4] Coran : Les Croyants, 8.

[5] Coran : L’Évènement 29.

[6] Coran : Le Repentir, .

[7] Coran : Tâ-Hâ, 9.

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